20 juin – 1er novembre 2026

Shafic Abboud

Chroniques de la lumière

Centenaire de la naissance de l’artiste (1926 – 2004)

 

Vernissage le 20 juin à 18h00 – Fête du Solstice 

Shafic Abboud

En 2026, Shafic Abboud aurait eu cent ans.

À l’occasion de ce centenaire, Le Château de Ratilly célèbre une figure majeure de la peinture, artiste à la croisée de deux mondes, dont l’œuvre incarne l’un des dialogues les plus féconds entre Orient et Occident au XXe siècle.
À l’heure où les institutions réévaluent l’histoire de la modernité à travers le prisme des circulations culturelles, l’œuvre de Shafic Abboud apparaît d’une actualité remarquable.

Né au Liban en 1926, arrivé à Paris en 1947 – alors capitale mondiale des arts – Shafic Abboud choisit la France comme terre de création sans jamais rompre avec son pays natal. Homme des deux rives, figure essentielle de la modernité transnationale, il construit une œuvre singulière, entre mémoire méditerranéenne et histoire de la peinture européenne, renouvelant le langage de l’abstraction en France après la Seconde Guerre mondiale.

Matin à Montsouris – 1973 – 100×100 – huile sur toile

Shafic Abboud – 1969 – Liban

Une figure singulière

 

La singularité de Shafic Abboud tient autant à sa trajectoire qu’à sa position esthétique et intellectuelle. Reconnu par la critique et les institutions françaises, il devient une figure de référence pour le monde arabe, où son œuvre acquiert un statut fondateur.

À la fin du XXe siècle, l’essor des grandes collections du Moyen-Orient et des pays du Golfe contribue à renforcer encore sa notoriété internationale, confirmant son rôle d’artiste-passeur entre ces deux cultures.

 

Un passeur entre Orient et Occident

 

Shafic Abboud travaille toute sa vie en France, sans jamais rompre avec le Liban. Cette double appartenance est une tension féconde, matière même de sa peinture.

Homme d’Orient et d’Occident, il développe aussi un dialogue constant entre tradition et modernité ; art savant et artisanat ; entre figuration et abstraction ; entre mémoire intime et ouverture au monde.

Fasciné par les affinités entre arts majeurs et arts décoratifs, il s’intéresse aux tapis d’Orient, aux enluminures persanes, aux iconostases orthodoxes, tout en dialoguant avec Bonnard, Matisse, Klimt, de Staël, la peinture du Quattrocento et la peinture flamande.

Son œuvre ne se situe ni dans une abstraction purement formelle ni dans une figuration narrative. Les formes émergent, se dissolvent, deviennent signes. La figure affleure comme un souvenir ou une émotion.

A la Recherche des asperges – 1982 – 27×26 – Tempera sur papier toilé

La couleur comme espace intérieur

La puissance vibratoire de la couleur est ce qui frappe immédiatement dans l’œuvre de Shafic Abboud. Ses peintures, élaborées à partir de recherches techniques incessantes, font de lui un alchimiste de la matière-couleur.

Intellectuel raffiné, lecteur attentif, il conçoit la peinture comme une nécessité vitale, comme un espace de pensée autant que de sensation.

Composition – 1972 – 22×19 cm Aquarelle sur papier

Composition – 1972 – 23×20 cm Aquarelle sur papier

Ratilly

L’esprit insufflé par Jeanne et Norbert Pierlot à Ratilly a très tôt séduit et intéressé Shafic Abboud qui s’y rendait régulièrement en voisin (il avait acheté une maison à Donzy à quelques kilomètres de Ratilly). Il y venait pour la peinture mais aussi pour la céramique qui a été un de ses arts de prédilection. Nombre de ses amis peintres y ont été exposés : Marfaing, Brunschwig, Louttre B., Humair…

Ratilly est un lieu qui lui ressemble, idéal pour lui rendre un hommage.

L’exposition de peintures, sculptures, céramiques, archives venant de la succession du peintre, permettra de :

– célébrer un maître de la lumière et de la couleur

– souligner son rôle majeur dans l’histoire de l’art moderne

– montrer la cohérence d’un parcours entre figuration et abstraction

– révéler la profondeur intellectuelle de ce peintre

 

Note d’intention

À l’heure où les institutions réévaluent l’histoire de la modernité à travers le prisme des circulations culturelles, l’œuvre d’Abboud apparaît d’une actualité remarquable.

Ni peintre « oriental », ni simplement abstrait « européen», Abboud échappe aux catégories. Son œuvre démontre que l’identité artistique peut être multiple, mouvante, ouverte.

Homme des deux rives, il a fait de la peinture-lumière un territoire de rencontres.

Le livre de Bouchka n°7 – 1962 – 15x28cm – Tempera sur toile sur carton