4 avril – 14 juin 2026
MAINS PRECIEUSES
Mélanie Mingues – grès
Elie Bouisson – plâtres et feuilles cousues
Karen Gossart et Corentin Laval – vanneries contemporaines
Vernissage le 4 avril à 17h30
Mains précieuses
Dans un écrin de verdure les pierres rousses jaillissent de terre, façonnées, taillées et assemblées jadis par des centaines de mains courageuses et précieuses.
La transmission d’un savoir faire, l’héritage d’un artisanat sont primordiaux afin que naisse un équilibre fécond entre nature et architecture .
Une beauté certaine surgit, vivifiante, porteuse de récits où l’homme et la matière dialoguent.
Envoutés par cette relation magique, conscients de perpétuer ce dialogue, Mélanie, Elie, Karen et Corentin transmettent et racontent leurs propres histoires dans un théâtre de formes et de lumières.
Aujourd’hui ces mains courageuses et précieuses modèlent, cousent, tressent à leur façon ; elles sont l’outil essentiel du rapport physique à la matière et à l’origine de leurs œuvres.
Depuis l’argile et l’eau, les feuilles, le plâtre, de l’osier et le bois, l’empreinte apparait comme la trace d’un souvenir, l’image d’un rêve à partager, celui d’un art au présent, sensoriel.
Depuis quelques années les expositions proposées au printemps à Ratilly mettent en valeur ce lien étroit entre l’art et l’artisanat.
Il est nécessaire que les œuvres fassent écho avec le lieu singulier, par son histoire et son environnement naturel préservé, au sein duquel elles sont présentées.
Mathias Pierlot
Mars 2026
© Pascal Vangysel
Mélanie Mingues
Grès
Mélanie Minguès élabore des formes sculpturales.
Ces pièces sauvages à l’énergie farouche émeuvent par leur vérité naturelle sans compromis. Une géologie de ride, de faille de craquelure habille le panorama de cette œuvre céramique où fragilité, force, vide, silence, aléatoire se télescopent.
Mélanie nous emmène sur une terre qui bruit à la débandade de la matière.
Ici l’argile signe la traçabilité de ses émotions, fige l’écho des questions sans réponse.
De la barbotine à la consistance plastique cette céramiste explore le potentiel de l’argile. Elle triture, étire jusqu’à la déchirure cette membrane colloïdale dans sa quête de l’anima, du souffle de la vie.
Au vertige des fêlures ces sculptures entretiennent le dialogue du silence et de l’ombre. “Heureux les fêlés, ils laissent entrer la lumière.” Bernard David
Elie Bouisson
Plâtre et feuilles cousues
Elie Bouisson s’inscrit dans une démarche de réparation, dès ses premières « pièces de confinement ». Des feuilles issues du jardin familial sont prélevées, cousues ensemble, puis mises sous presse à la manière d’un herbier.
Véritables tableaux du temps perdu, ces pièces donneront lieu au Treillis, où l’assemblage est évidé pour constituer une grille malléable et cassante à la fois, et dont la courbure progressive constitue un marqueur de la fragilité du temps.
Maud Marron-Wojewodzki, conservatrice au musée Fabre de Montpellier
© Elie Bouisson
Karen Gossart et Corentin Laval
Vanneries contemporaines
Depuis 2012 Karen et Corentin cultivent leur matière première, une centaine de variétés d’osier aux caractéristiques différentes (couleurs, tenue, souplesse) afin de varier et maîtriser d’un bout à l’autre le processus de création.
Ils parcourent la France et l’Europe pour des expositions, des stages ou des marchés, c’est au contact de vanniers du monde entier que leurs créations sont sans cesse renouvelées, riches du partage et de la curiosité.
© Oseraie de l’île
© Oseraie de l’île